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Ces images on été prises en Inde et à Katmandou en juillet Et au Pakistan ou en bordure de l'afghanistan durant l’été 1984 (voir album dedie). Thierry n’était pas un photographe. Ce qui était important pour lui, c’était d’abord de découvrir de nouveaux endroits, l’Asie, plus tard l’Afrique,  de rencontrer des gens, de discuter et d’échanger, de construire et de ramener des souvenirs. La photographie ne l’intéressait pas vraiment; toutes ses images de voyages ont été prises avec un simple Kodak Instamatic, avec des films diapositives 126 mm, un objectif en plastique, pas de réglage de la lumière, pas de mise au point. C’était volontaire. Il était un peu anarchiste dans la vie; Dans sa voiture, Il n’y avait pas d’autoradio, pour que l’on puisse se parler, il était fier de ne pas emmener avec lui d'appareil sophistiqué. Avec cet esprit « camera povera », il prenait de 3 à 5 films par voyage, entre 11 et 24 images par film, pas plus. C’était ainsi, et les souvenirs étaient conservés ailleurs. Mais lors de ces nuits, à Paris, ou nous refaisions le monde et échangions nos souvenirs de voyage dans des brumes de bière, en discutant avec ses neveux, ou  lors de ces soirees diapos qui avaient un parfum de cinéma des Frères Lumière, il était toujours heureux et enthousiaste pour décrire ce qu’il avait vu, pour parler de ses rencontres, les anecdotes étaient nombreuses.

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J’ai essayé de garder l’esprit d’un carnet de voyage, intuitivement de choisir des images qui me paraissaient trahir un étonnement, une émotion, un emerveillement: une partie de polo dans un village perdu, jouee par des joueurs fiers et sur-motivés, une école aux pieds des montagnes, un mur de pierre à la maçonnerie complexe, des boutiques toutes simples, des enfants intimidés mais souriants, les fabuleux paysages des contreforts de l’Himalaya, une crémation à Bénarès, dans les eaux sombres du Gange. Ses images ont certainement eu une influence décisive sur mon imagination, bien avant mes lectures de « Paris de Nuit », «d’American Photographs », ou de « the Americans". Et pourtant, il n’était pas photographe; il était mon frère.

Jp Gauvrit - Shanghai - Novembre 2013